
Jesse Custer est élevé par sa grand-mère dans la crainte du Seigneur au beau milieu de la cambrousse Néo-Orléannaise. Mamie sévère aux châtiments impitoyables, elle n'hésite pas à l'enfermer dans un cercueil hermétique au fond du marais avec juste un tuyau pour laisser passer l'air. Trash hein ? surtout que la punition peut durer plusieurs jours, les excréments et vomis s'amoncelant. Ils vivent aussi avec deux gars de la campagne, deux bon gros beaufs aussi vilains que bêtes, ils sont au service de la mamie et exécutent les fameuses punitions. On notera un merveilleux passage où l'un d'eux sodomise une poule dans la grange, fait courant au grand damne des volatiles.
Mais je commence à trop rentrer dans les détails !! C'était juste pour vous donner une idée de l'ambiance sordide. Revenons-en à Jesse. Il devient malgré lui et selon la volonté de sa mémé le révérend du village. Un jour il reçoit le don du metatron, il a le pouvoir de se faire obéir de qui il veut grâce à sa voix (attention, ça ne marche qu'à un moment donné et pas du tout face à sa mamie et aux deux hurluberlus, bah oui ça serait trop simple sinon hein)
Dans les hautes sphères spirituelles se passe un évènement grave, quelque chose s'est échappé et s'apprête à descendre sur terre (attention, pas d'histoire de petits bonshommes verts, là on est plus dans la dimension religieuse).
Jesse, lui, rencontre une jeune femme nommée Tulip' et Cassidy, une sorte de vampire irlandais (il ne peut sortir le jour et aime la viande bien bleue ! d'aspect il a plutôt l'air d'un vieux rocker mal rasé). Bref tout ce joyeux monde est en cavale, Jesse a laissé tombé mamie qui lui lance donc les deux cons au cul. Ils partent tous à la recherche de...Dieu ! Hé oué. En plus de tout ce bordel, le Saint des Tueurs (une sorte de Léon aux cheveux long et sans le bonnet) veut également la peau de Jesse car il ne doit pas atteindre son but. Marrant, quand Jesse est dans des moments de doute, John Wayne lui apparaît tel un mentor l'aidant à la réflexion.
Les répliques sont cinglantes, bourrées d'humoir noir, le graphisme est magnifique et l'intrigue palpitante (si vous n'êtes pas emballé c'est que je raconte mal, il est très difficile de résumer cette oeuvre). Bref, si vous avez l'occasion de lire cette BD n'hésitez surtout pas ! Voici quelques morceaux choisis :
Sherif Root : Et peut-être que demain je vais chier une cadillac, mais j'y crois pas trop non plus.
Sherif Root : C'est la nuit du connard, dis donc. La nuit du connard armé. Tu m'as l'air d'avoir de beaux calibres à ta ceinture, grand.
Le Saint des tueurs : Ouais. Mais tu m'as pas l'air d'être celui qui va me les prendre.
Sherif Meeker : Attendez une seconde. Euh... vous revoulez du café ?
Agent Dinnings : Non merci. On dirait que quelqu'un a joui dedans.
Sherif Meeker : J'ai pas pu me retenir quand j'ai su que vous veniez.
Tulip : Mais Genesis, ça fait plutôt penser à la création... à la naissance, au premier livre de la Bible...
Cassidy : Ou à un sacré groupe de merde.
Deblanc : Il était trop prévenant à mon goût. Trop propre. Trop beau pour être honnête.
Fiore : C'était un ange du Seigneur ! Tu voulais quoi, qu'il deale du crack ?
Si : J'ai réalisé que j'étais l'archetype du journaliste qui en a plein le cul du monde. Mes rédacteurs me hurlent dessus quand j'ai un jour de retard, ma piaule est noyée sous les bouteilles et les paquets de clopes, je peux plus sortir la bière du frigo à cause de tous les restes qui sont dans le passage... La bonne nouvelle, c'est que j'ai pas de rats, mais c'est parce-que les cafards les ont bouffés.
John Gland : Quand on est le flic le plus malchanceux du monde, on intéresse peu les femmes. La fois où ça m'est arrivé, nous avons trouvé un endroit où l'on acceptait son chien d'aveugle et je lui ai parlé de moi.